La puissance des questions

Un de mes amis coach me confiaient cette semaine, combien il était à chaque fois estomaqué de voir combien une seule carte du jeu The Coaching Game permettait à ses clients d’exprimer leur « vision du monde » avec une précision, une profondeur et une rapidité qu’une question seule sans support métaphorique –– n’aurait pas livré. Cela confirme encore une fois l’utilité de la photographie et de la métaphore visuelle pour court-circuiter nos schémas de raisonnement logiques.

Une coach déjà utilisatrice de cartes de photolangage, a partagé à la fin d’un de nos webinaires découverte, avoir compris à travers cette mini expérience combien la puissance de ces outils était décuplée quand ils sont combinés à un questionnement précis, au service d’un décadrage du client. Ne dit-on pas que le métier de coach est l’art de questionner ? C’est pourquoi le questionnement est au cœur de la méthodologie de Points of You®. Ce sont les tapis de jeux qui incarnent ce processus de questionnement dans les jeux The Coaching Game et Faces.

Questionner est un art subtil. Écouter son client l’est tout autant.

Et plus on saura écouter notre client, plus on saura quelle « bonne » question poser, si c’est le bon moment, et au service de quoi on la pose. Questionner de façon stratégique est en effet, en soi un acte de décadrage qui peut vraiment amener quelqu’un à des prises de conscience fortes ou à remettre en questionner des croyances limitantes.

Selon Karine Aubry qui signe l’excellent blog L’œil du colibri, une question puissante est « une question qui amène l’interlocuteur, en un éclair, à une vision inédite de sa situation, et lui permet d’amorcer de lui-même un processus de résolution ».

A écouter ou lire les conseils des experts en coaching (A. Cardon, J. Cunier, V. Lienhardt, A. Tonnelier, F.Délivré et j’en passe) on en conclue que le questionnement est à manier avec d’infinies précautions ; et je m’en rends compte à chaque supervision : j’en sors souvent étourdie – à la fois par la beauté et l’exigence de notre métier, mais aussi par la si longue route qu’il me reste à parcourir pour questionner le plus justement possible mes clients.

Lorsqu’en formation de niveau 2 nous vous aidons à concevoir vos propres ateliers collectifs ou vos propres processus, nous insistons sur l’importance de bien « préparer » vos questions pour les mettre au service d’une intention claire vis-à-vis de vos clients.
Mais la pression est moins forte sur vos épaules dans un certain sens, car les cartes que vos clients vont tirer sont complémentaires à votre questionnement puisqu’également au service du décadrage.

Mais dès lors, vous seriez légitime à nous poser la question suivante : pourquoi proposez-vous dans le jeu Punctum 33 questions «puissantes» à utiliser potentiellement en face cachée ? N’est-ce pas laisser trop de place au hasard, mettre son client en risque et réfuter par là même l’importance du questionnement stratégique ?

Plusieurs éléments de réponse :

  1. Punctum à l’origine a été conçu pour des particuliers intéressés par le développement personnel qui n’ont pas envie ou pas les moyens de recourir à un coach. D’où les questions à leur service qu’ils peuvent utiliser. Se poser des questions – même en tapant à côté – est mieux que ne pas s’en poser du tout non ?
  2. Les questions peuvent être utilisées faces visibles de sorte que vous pouvez inviter votre client à choisir la question qui selon lui, lui permettrait d’avancer encore plus, ou bien celle qui justement le rebute…. C’est en quelque sorte – si vous sentez votre client en mesure de le faire à ce moment-là bien sûr – lui redonner une forme d’autonomie dans son exploration.
  3. Vous pouvez juste utiliser ces questions pour vous (les accompagnants) et choisir celle qui vous paraîtra la plus judicieuse.
    Pour information, les 33 questions sont toutes des questions ouvertes qui permettent à nos clients d’explorer leur problématique. Nous appelons cette phase « Expansion » dans notre méthodologie. Les 33 questions se répartissent en 5 catégories : des questions sur nos freins, sur nos ressources, des questions qui permettent de mieux se connaitre et de bien intégrer l’impact de son environnement, des questions qui portent sur nos aspirations, et des questions qui permettent d’enclencher une mise en action.
  4. Enfin, si vous choisissez d’utiliser les questions faces cachées, sachez que dans notre méthodologie le coach n’est jamais celui qui pioche une carte ou une question pour son client. Et ça change tout ! Le coach propose à son client de tirer lui-même une carte question en lui laissant toute son autonomie de dire si cette question lui parle ou pas, si elle peut l’aider dans sa réflexion. Si tel n’est pas le cas, le coach est en mesure de proposer la règle de la « pioche » et de lui offrir la possibilité de prendre une autre carte. Certes dans ce processus, le hasard fait partie intégrante du jeu et il s’agit de bien poser cela au départ de la session comme un moyen de surprendre le client et de suspendre ses modes de pensée automatiques. Et puis n’oubliez pas de démystifier – en position basse – l’expérience en elle-même : si ça ne marche pas, c’est ok aussi !

En espérant avoir répondu à vos questions …. J

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